mercredi 10 février 2016

CAMINANTE NO HAY CAMINO... (francés)


Manuel Machado  (Sevilla, España, 1874-1947)
 
Toi qui marches, ce sont tes traces
qui font le chemin, rien d'autre ;

toi qui marches, il n'existe pas de chemin,

le chemin se fait en marchant.
En marchant on fait le chemin

et lorsqu'on se retourne

on voit le sentier que jamais
on n'empruntera à nouveau.

Toi qui marches, il n'existe pas de chemin

si ce n'est le sillage dans la mer...

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Caminante, son tus huellas
El camino y nada más;

Caminante, no hay camino,

Se hace camino al andar.

Al andar se hace camino,
Y al volver la vista atrás

Se ve la senda que nunca
Se ha de volver a pisar.

Caminante, no hay camino
Sino estelas en la mar.

lundi 8 février 2016

LE PETIT PRINCE

(Antoine de Saint-Éxupery)

Le Module 3 de la l'Académie FA c'est LE PETIT PRINCE.
J'ai envoyé un post à l'Académie en parlant de Gérard Philip, acteur de cinéma et théâtre français, dont je me souviens parfois. Il avait la voix la plus merveilleuse du monde à mon avis.

Voici un lien où vous pouvez écouter sa voix. Il nous raconte LE PETIT PRINCE:

https://www.youtube.com/watch?v=16KDvWdiiug

samedi 6 février 2016

UN CORPS NOUVEAU

Qu’est-ce qu’en pensez vous ?

Il  y a vraiment des gens qui ont fait de son corps un autel  et toutes les choses qui les entourent sont dirigées à remarquer un corps athlétique et superbe.

J’ai trouvé des exemples tout près de moi quand je travaillais dans la banque. Il y avait un jeune homme qui dédiait de nombreuses heures à la gym. Il avait le corps d’un dieu grec, un corps majestueux, mais il n’avait pas inventé l’eau chaude, il n’était pas du tout une lumière.

Je crois qu’on doit certainement cultiver le corps le plus possible mais avec des limitations et ne pas faire de notre  corps notre propre idole, notre alter ego.

À mon avis,  il y a des pratiques qui peuvent nous aider à placer notre corps au même niveau que notre esprit. C’est de faire notre mieux pour rencontrer une harmonie entre les deux.

Et comment est-ce que nous pourrions développer notre esprit ? J’ai lu il y a longtemps ce qu’a dit Umberto Eco —Le nom de la rose—, philosophe et savant italien à ce propos : Le bonheur s’atteint à travers le savoir et celui-ci par la lecture.

Voici un beau conseil que j’ai suivi toute ma vie et j’en suis heureux.

Je ne suis pas d’accord avec une dévotion exagérée du corps. D’autre part, je crois que ça c’est quelque chose  qui est à la mode de nos jours.

 

 

vendredi 5 février 2016

BLAGUES


Un fou tourne autour d’une bouche d’égout, en répétant :
—33...33...33...
Un passant lui demande :
—Pourquoi faites-vous cela ?
Le fou pousse l’homme dans la bouche d’égout, et dit :
—34...34...34...

 
Un père et son fils sont sur la plage.
—Oh papa, regarde le beau bateau
—Mon garçon, ce n’est pas un bateau mais c’est un yacht
—Ah oui, et comment ça s’écrit ?
—Heu..., attends..., non c’est toi qui a raison, c’est un bateau !

 
Un homme qui veut vérifier ses clignotants demande à sa femme :
—Chérie, est-ce que les clignotants marchent à l’arrière ?
Il met les clignotants et entend sa femme répondre :
—Oui ! Non ! Oui ! Non ! Oui ! Non !...

 

jeudi 4 février 2016

LA CASADA INFIEL (en francés)

LA FEMME ADULTÈRE
(LA CASADA INFIEL, Federico García Lorca)
Traduction: Jean Prévost

 Je la pris près de la rivière
Car je la croyais sans mari
Tandis qu’elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s’éteignirent les lumières
Et s’allumèrent les cri-cri
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis
Sa poitrine pour moi s’ouvrit
Comme des branches de jacinthes
Et dans mes oreilles l’empois
De ses jupes amidonnées
Crissait comme soie arrachée
Par dix couteaux à la fois
Les cimes d’arbres sans lumière
Grandissaient au bord du chemin
Et tout un horizon de chiens
Aboyait loin de la rivière.
 

Quand nous avons franchi les ronces
Les épines et les ajoncs
Sous elle son chignon s’enfonce
Et fait un trou dans le limon
Quand ma cravate fût ôtée
Elle retira son jupon
Puis quand j’ôtai mon ceinturon
Quatre corsages affilés
Ni le nard ni les escargots
N’eurent jamais la peau si fine
Ni sous la lune les cristaux
N’ont de lueur plus cristalline
Ses cuisses s’enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
L’une moitié toute embrasée
L’autre moitié pleine de froid
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée
Sur une pouliche nacrée
Sans bride et sans étriers

 
Je suis homme et ne peux redire
Les choses qu’elle me disait
Le clair entendement m’inspire
De me montrer fort circonspect
Sale de baisers et de sable
Du bord de l’eau je la sortis
Les iris balançaient leur sabre
Contre les brises de la nuit
Pour agir en pleine droiture
Comme fait un loyal gitan
Je lui fis don en la quittant
D’un beau grand panier à couture
Mais sans vouloir en être épris
Parce qu’elle était adultère
Et se prétendait sans mari
Quand nous allions vers la rivière.

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 LA CASADA INFIEL
(Federico García Lorca)

Y yo me la llevé al río
Creyendo que era mozuela,
Pero tenía marido.
Fue la noche de Santiago
Y casi por compromiso.
Se pagaron los faroles
Y se encendieron los grillos.
En las últimas esquinas
Toqué sus pechos dormidos,
Y se me abrieron de pronto
Como ramos de jacintos.
El almidón de su enagua me
Sonaba en el oído,
Como juna pieza de seda
Rasgada por diez cuchillos
Sin luz de plata en sus copas
Los árboles han crecido,
Y un horizonte de perros
Ladra muy lejos del río.


Pasadas las zarzamoras,
los juncos y los espinos,
Bajo su mata de pelo
Hice un hoyo sobre el limo.
Yo me quité la corbata.
Ella se quitó el vestido.
Yo el cinturón con revólver.
Ella sus cuatro corpiños.
Ni nardos ni caracolas
Tienen el cutis tan fino,
Ni los cristales con luna
Relumbran con ese brillo.
Sus muslos se me escapaban
Como peces sorprendidos,
La mitad llenos de lumbre,
La mitad llenos de frío.
Aquella noche corrí
El mejor de los caminos,
Montado en potra de nácar
Sin bridas y sin estribos.
No quiero decir, por hombre,
Las cosas que ella me dijo.
La luz del entendimiento
Me hace ser muy comedido
Sucia de besos y arena,
Yo me llevé del río.
Con el aire se batían las
Espadas de los lirios.

 
Me porté como quien soy.
Como un gitano legítimo.
Le regalé un costurero
Grande de raso pajizo,
Y no quise enamorarme
Porque teniendo marido
Me dijo que era mozuela
Cuando la llevaba al río.

 

mercredi 3 février 2016

MON JARDIN AFRICAIN

Pendant les années de mon enfance au nord de l’Afrique, mon père, qui était militaire, avait une grande maison en bois à la campagne, á côté de laquelle il y avait beaucoup d’espace libre que nous pouvions utiliser comme cour de ferme et jardin familial.

 
Je me souviens que nous gardions pour notre subsistance quotidienne des animaux : des  poules –  lesquelles  nous donnaient  des œufs tous les jours -, des canards, des dindons, des lapins – qui aimaient beaucoup  manger les feuilles des  carottes-, des  cochons et une chèvre.

 
Tout à côte de la cour nous cultivions un grand jardin familial où nous semions beaucoup de végétaux: des pois, des haricots, des carottes, des concombres, des oignons, des tomates, des piments, des aubergines, des laitues, des choux, des melons, des pastèques, de la menthe, du persil et des pommes de terre, beaucoup de pommes de terre, une quantité si importante de pommes de terre, que, moi, je croyais à mon âge, que c’était toutes les pommes de terre du monde.  C‘était inhabituel d’obtenir une aussi abondante production dans ce climat africain sévère.

 
J’aimais avoir dans mes mains le feuillage de tous ces produits de la terre et jouer avec mes frères à les reconnaître par leur  forme. C’était notre façon de nous  familiariser avec les plantes. Je me souviens encore de leurs différentes formes. En outre, les mots labourer, semer, arroser, extraire, récolter, etc., sont devenus très familiers pour nous.

 
Je me rappelle aussi que nous  avions un figuier sauvage que nous donnait des figues non comestibles avec lesquelles mes frères et moi jouions comme s’ils avaient été des projectiles. Nous avions aussi un  eucalyptus de 20 mètres  du haut duquel  nous pouvions voir  les matchs de football de l’équipe de la ville.

 
Il me revient à la mémoire un jour d’été où les pommes de terre étaient  prêtes à être récoltées et où notre père nous a dit d’attendre au lendemain matin pour le ramassage parce qu’il était trop tard pour entreprendre ce travail. Nous suivîmes son conseil, mais à notre grande surprise, les pommes de terre — le beau résultat de nos efforts — furent volées pendant cette nuit là.

 
À l’époque on nous a dit que les voleurs étaient probablement des gens que l’on avait vus la veille se promener à proximité de notre jardin borné.

 
Je suis sûr que nous avons eu une jolie enfance et après cette aventure agricole je n’ai jamais vécu, jamais, avec autant de contact avec la nature. Ça a été une expérience inoubliable.
 

 

mardi 2 février 2016

À UNE DAME CRÉOLE

        Au pays parfumé que le soleil caresse,
        J'ai connu, sous un dais d'arbres tout empourprés
        Et de palmiers d'où pleut sur les yeux la paresse,
        Une dame créole aux charmes ignorés.
 
        Son teint est pâle et chaud ; la brune enchanteresse
        A dans le cou des airs noblement maniérés ;
        Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
        Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.
 
        Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
        Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
        Belle digne d'orner les antiques manoirs,
 
       Vous feriez, à l'abri des ombreuses retraites,
        Germer mille sonnets dans le cœur des poètes,
        Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.
 
         Les fleurs du mal  
        Charles Baudelaire (Paris, 1821-1867)

dimanche 31 janvier 2016

FILMS EN NOIR ET BLANC




Je me souviens parfois de la belle actrice italienne Pier Angeli quand quelqu’un parle de cinéma en noir et blanc ou je vais voir cette sorte de films.

Il y a eu quelque temps où je croyais être amoureux d’elle et  je portais toujours ce temps-là avec moi une photo de Pier. Quel visage d’ange avait-elle !

Je me souviens que j’étais quand même un peu jaloux par la brève affaire qu’elle eût avec l’acteur américain James Dean.

Quand je suis devenu adulte et j’ai connu qu’elle s’était suicidée, moi, j’ai connu alors le chagrin profond d’avoir perdu une amie de mon adolescence.

SHORT STORY


Modern ways of communication
(abridged from a short story read in a Spanish newspaper)

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He was recently divorced.

It was Christmas time.

His sons and daughters were studying abroad.

When he arrived late at home after work, he was bored once in a while.

He felt so lonely…

A friend told him to try things on the Internet.

He started to learn how to manage the new technology.

He learnt to search attractive web pages through his personal computer.

One day he joined a chat room.

After three months chatting with a woman in the chat he decided to make a date with her.

That woman met his requirements. They both had the same feelings, the same hobbies and many other things in common.

He thought he had found his soul mate.

The woman should wear a green scarf to the coffee shop.

He went there that day in time and was waiting for her reading a newspaper.

At a moment someone stood in front of him.

He lifted up his eyes and who was there?

The woman in the green scarf.

His ex-wife.    

Good heavens!

 

UN RÊVE - La Maga et moi


Hommage à Julio Cortázar, écrivain argentin, auteur du roman  RAYUELA (en français sous le titre Marelle):
 
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La nuit dernière j’ai rêvé de La Maga et je l’ai vue se promener toute seule dans les rues de Paris.  Quand nous nous sommes croisés, elle m’a fait un signe de la main et je me suis approché d’elle. Elle  semblait être très triste et commença à me poser des questions :

 - Tu me connais? –dit La Maga.

- Oui, je te connais bien.

- Depuis quand? – ajouta-t-elle.

- Il y a longtemps. Il y a déjà plus de cinquante ans.

- Je ne me souviens que personne nous ait présentés.

- Moi, si, je m’en souviens.

- As-tu vu Julio récemment ? – demandait-elle.

- Je  sais qu’il quitta la ville il y a longtemps.

- Oui – dit-elle finalement -, il est maintenant au paradis, j’en suis sûre. Moi, je lui manque. 

 Et sa maigre silhouette continua à baguenauder solitaire dans la rue de la Seine  entre des lumières de cendre et d’olivier.

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Julio Cortázar, écrivain, argentin,  nationalité française,  prix Médicis étranger, a écrit parmi d’autres nouvelles et romans : Rayuela (1963). Un des personnages  du roman est La Maga, la femme que tout le monde voulait être.

samedi 30 janvier 2016

BIOGRAPHIE DE LA FAIM (Critique)

Roman autobiographique
Auteur : Amélie Nothomb (belge)

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Je viens de lire le roman.
Le titre du récit m’a surpris. Il n’a rien à voir avec son sujet. Dans le roman, quand on parle de faim, on veut dire faim d’amour, de mère, de connaissances, de nouvelles expériences, d’activités folles et tant d’autres choses.

On doit dire d’avance que la narratrice est le personnage du livre aussi. Elle nous raconte sa vie d’enfance, d’adolescence, de jeunesse. Elle a suivi ses parents là où ils sont allés – son père était ambassadeur de la Belgique -, au Japon, en Chine, au Bangladesh -qu’elle décrit comme une rue pleine de gens en train de mourir-, en Birmanie,  à New York et puis, toute seule, elle est allée en Belgique pour finir ses études, son pays d’origine qu’elle ne connaissait pas du tout.

Elle  a connu l’alcoolisme infantile ; l’anorexie –à quinze ans, pour un mètre  soixante-dix, elle pesait trente-deux kilos- ; la boulimie, la potomanie – folie pour l’eau - ; asthme —fidèle compagnon de toute sa vie—,  des tentatives de suicide… Elle a été esclave absolue du sucre, du vin, du champagne,  des sucreries, d’absence de mère,…

L’auteur commence à nous raconter des choses sur la faim dans le  monde et puis de sa faim individuelle. C’est l’histoire d’une mélancolie.

On nous dit que Vanuatu, anciennement Nouvelles-Hébrides, c’est un archipel océanien qui n’a jamais connu la faim.

 Il y a à Vanuatu abondance et isolement -des vertus-, mais l’archipel est peu visité. Revenir de là  ne provoque aucune réaction. Il y a de tout : des palmiers, des cocotiers, des plages de sable fin, des fleurs, vie tranquille. Ils mangent souvent du gname, un tubercule.

 Il y a de la nourriture partout. Ils n’ont pas la produire. On étend les mains et dans l’une vous avez une noix de coco et dans l’autre des bananas. Dans la mer : des coquillages, des oursins, des crabes, des poissons à la chair raffinée. Dans la forêt : trop d’oiseaux, des nids d’œufs, du lait des femelles phacochères (femelles de sangliers) …

Vous ne savez pas ce que c’est ça ! – finissent les trois hommes qui racontent l’histoire de Vanuatu à l’auteur. Personne ne travaille parce qu’on a partout de la nourriture.

L’absence de faim est un drame. Alors il n’y a pas d’appétit à Vanuatu. C’est la nature qui s’occupe de tout.

La vie était une flânerie et ils manquent même d’une quête.

***  

Le contraire de Vanuatu  est la Chine, la championne du ventre vide. Les chinois ont dû apprendre à manger l’immangeable.

Un chinois posse à un autre toujours la même question : As-tu mangé ?   Ils ont tout inventé, tout pensé, tout compris, mais ils ont triché : ils avaient faim.

Vanuatu me fascine parce que j’ai le contraire : j’ai faim. J’ai lu – dit-elle - sous la plume de Catulle : cesse de vouloir. La faim c’est vouloir. J’ai faim de connaissances, de connaître mon corps et mon esprit, des gens, et cetera.

Avoir du chocolat – nous dit-elle - c’était  croire en Dieu et se sentir en sa présence.

Amélie nous raconte aussi : Quand j’ai été scolarisée je suis allée à une école japonaise (classe des pissenlits).  J’étais la seule-non nippone à l’école. Nous y chantions souvent. On doit savoir qu’elle est née à Kobe (Japon).

Un jour, au quinze ans , je sentis que la vie me quittait. Je devins un froid absolu. Ma tête accepta. Mon corps se révolta contre ma tête. Il refusa la mort. Mon corps se leva, alla dans la cuisine et mangea. Ce fût la victoire de l’organique contre le physique.  L’écriture y  contribua aussi.

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Critique littéraire :

Récit originel, difficile à imiter, par des épisodes brefs, à la portée des étudiants étrangers avancés de français, qui invite à lire d’autres œuvres de l’auteur, contenant des métaphores et des expériences alimentaires qui exposent des réflexions existentielles.  

L’auteur, qui est parfois politiquement incorrect, raconte des situations réelles  avec  d’ingéniosité, de provocation et d’humeur.

En lisant le récit je me suis souvenu de l’école littéraire américaine qui écrivait sur la base de brefs chapitres comme s’il s’agissait de séquences de cinéma (Ernest Hemingway, John dos Passos, Sam Shepard, etc.).  

J’ai trouvé le thème un peu faible. Moi, je reporte mon avis définitif sur l’auteur jusqu’à la lecture d’un autre roman malgré ma lecture antérieure de Stupeurs et tremblements,  autobiographique, comme celui-ci.

Est-ce que c’est vrai tout ce qu’on raconte dans le récit où pas ? Ça seulement l’auteur le sait.  

Antonio Senciales, 2015

vendredi 29 janvier 2016

LE PARC SOUCIER


J’ai vu une photo qui nous montre un parc en Tanzanie plein de baobabs.

C’est un parc naturel avec une grande étendue qui est visité fréquemment  par beaucoup de gens de tous les pays.

C’est un endroit très beau. Un camarade en cours m’a dit que  les tiges de ces arbres sont si gros parce qu’ils  y emmagasinent de l’eau en prévoyant son absence pendant les saisons les plus sèches.

Prés de là, dans la frontière avec Kenya, on peut trouver des acacias,  et d’autre sorte de flore. C’est habituel de rencontrer aussi  une faune diverse (des gnous, des gazelles, des lions, des léopards, etc.).  Ces traits sont particulièrement attirants pour ceux qui aiment les safaris.

Il y a d’hébergement dûment accueillant, avec des établissements hôteliers et des plages pas très lointaines avec des sables blancs.

On peut faire de la randonnée et de l’alpinisme parce que  le Kilimandjaro, la montagne la plus haute de l’Afrique, avec des neiges perpétuelles, nous attend dans ce pays. Kilimandjaro en langue masaï signifie ‘Maison de Dieu’.  Hemingway l’a visitée il y a longtemps et il est devenu si  frappé qu’il a écrit un beau roman, une magnifique collection de récits,   qui s’appelle «Les Neiges du Kilimandjaro».

LA MONTAÑA MÁGICA (Thomas Mann) et le français


La más bella declaración de amor que he oído nunca (La plus belle déclaration d’amour que je n’ai jamais entendue) :

[EXTRACTO DE UN FRAGMENTO DE LA MONTAÑA MÁGICA, DE THOMAS MANN, CAPÍTULO ‘NOCHE DE WALPURGIS’, PARTE DE UN DIÁLOGO ENTRE HANS CASTORP Y CLAWDIA (En la edición en mi poder, Plaza & Janes Editores, S.A., 1986, así como en el original del autor alemán, la transcripción de toda la conversación —varias páginas— está en francés, y así la reproduzco)]:

...
Je t’aime —balbuceó—,  je t’ai aimé de tout temps, car tu es le Toi de ma vie, mon rêve, mon sort, mon envié, mon éternel désir…
Allons, allons! —dijo ella—.
Si tes precepteurs te voyaient…

Pero él sacudió la cabeza con desesperación, inclinado el rostro hacia el suelo, y contestó:


Je m’en ficherais, je me fiche de tous ces Carducci et de la République éloquente et du progrès humain dans le temps, car je t’aime!

Ella le acarició dulcemente con la mano los cabellos cortados al rape en la nuca:


Petit bourgeois —dijo—. Joli bourgeois à la petite tache humide. Est-ce vrai que tu m’aimes tant?
Y exaltado por este contacto ya sobre las dos rodillas, la cabeza echada hacia atrás y los ojos cerrados, él continuó hablando:

Oh, l’amour, tu sais… Le corps, l’amour, la mort, ces trois ne font qu’un. Car le corps, c’est la maladie et la volupté et c’est lui qui fait la mort; oui, ils sont charnels, tous deux, l’amour et la mort, et voilà leur terreur et leur grande magie! Mais la mort, tu comprends, c’est d’une chose mal famée, impudente, qui fait rougir de honte; et d’autre part c’est une puissance très solennelle et très majestueuse (beaucoup plus haute que la vie riante gagnant de la monnaie et farcissant sa pensée; beaucoup plus vénérable que le progrès qui lavarde par le temps), parce qu’elle est l’histoire et la noblesse et la pitié et l’eternel et le sacré qui nous fait tirer le chapeau et marcher sur la pointe des pieds… Or, de même le corps, lui aussi, et l’amour du corps, sont une affaire indécente et fâcheuse et le corps rougit et pâlit à sa surface par frayeur et honte de lui-même. Mais aussi il est une grande gloire adorable, image miraculeuse de la vie organique, sainte merveille de la forme et de la beauté, et l’amour pour lui, pour le corps humain, c’est de même un intérêt extrêmement humanitaire et une puissance plus éducative que toute la pédagogie du monde…! Oh, enchantante beauté organique qui ne se compose ni de teinture à l’huile ni de pierre, mais de matière vivante et corruptible, pleine du secret fébrile de la vie et de la pourriture! Regarde la symétrie merveilleuse de l’edifice humain, les épaules et les hanches et les mamelons fleurissants de part et d’autre sur la poitrine , et les côtes arrangées par paires, et le nombril au milieu dans la mollesse du ventre et le sexe obscur entre les cuisses! Regarde les omoplates se remuer sous la peau soyeuse du dos, et l’échine qui descend vers la luxuriance double et fraîche des fesses et les grandes branches des vases et de nerfs qui passent du tronc aux remeaux par les aiselles, et comme la structure des bras correspond à celle des jambes. Oh, les douces régions de la jointure intérieure au coude et du jarret avec leur abondance de délicatesses organiques sous leurs coussins de chair! Quelle fête inmense de les caresser ces endroits délicieux du corps humain! Fête à mourir sans plainte après! Oui, mon Dieu, laisse-moi sentir l’odeur de la peau de ta rotule, sous laquelle l’ingénieuse capsule articulaire sécrete son huile glissante! Laisse-moi toucher dévotement de ma bouche l’Arteria femoralis qui bat au front de la cuisse et qui se divise plus bas en les deux artères au tibia! Laisse-moi ressentir l’exhalation de tes pores et tâter ton duvet, image humaine d’eau et d’albumine, destinée pour l’anatomie du tombeau, et laisse-moi périr, mes lèvres aux tiennes!
No abrió los ojos después de haber hablado. Permaneció sin moverse, la cabeza inclinada, las manos, que sostenían el pequeño lapicero de plata, separadas, temblando y vacilando sobre sus rodillas. Ella dijo:

Tu es, en effet, un galand qui sais solliciter d’une manière profonde, à l’allemande.
Y le puso el gorro de papel.

Adieu, mon prince Carnaval! Vous aurez une mauvaise ligne de fièvre ce soir, je vous le prédis.
Al decir esto se levantó de la silla, se dirigió a la puerta, dudó un momento en el umbral, dio media vuelta, elevando uno de sus desnudos brazos con la mano en el pestillo y, por encima del hombro, dijo en voz baja:

N’oubliez pas de me rendre mon crayon.
Y salió.


MA CHAMBRE NOIRE

(Une expérience personelle)
 
Aimez-vous la photographie ?
 
Quand  j’avais vingt ans j’ai découvert et aimé la photographie artisanale, celle que l’on travaillait toujours à la chambre noire où il n’y avait aucune lumière afin de ne pas nuire aux matériaux  que l’on utilisait en photographie (des pellicules, des papiers photographiques, du révélateur, du  fixateur, et cetera). Je me souviens souvent de mes deux chers agrandisseurs  italiens Durst: l’un  pour le développement des photos en  noir et blanc et l’autre pour les couleurs. Il y a cinquante ans j’étais vraiment mordu par la photographie et  son entourage (la campagne, les villes historiques, les gens, les oiseaux, les ruisseaux et tant d’autres choses). De nos jours le grain de chlorure d’argent  a été  remplacé par le pixel, par la photographie numérique. Photoshop fait tout maintenant. C’est le progrès. Et de l’art individuel, qu’en reste-t-il ? Moi, quand on me voyait dans ma chambre noire chez moi, mes proches et mes amis me disaient : à chaque fou sa marotte.
 
J’étais toujours ahuri quand j’entendais quelqu’un nommer cette chambre  comme noire.  Mais, pourquoi ? J’y ai vu pendant toute ma vie un tas  de couleurs cachées dans les ombres : noires et blanches et d’ailleurs vertes, jaunes, bleues, magentas, cyans, et cetera. C’était toujours une danse mystérieuse de couleurs qui ne s’arrêtait jamais. J’avais en ce moment, je croyais, un cœur un peu en couleurs par l’influence de ma chambre noire et cela a marqué ma vie et ma façon d’envisager les affaires à travers une  voie positive à moyen et à long terme. J’ai choisi  toujours le chemin de l’optimisme.