Nous avons commencer à lire ce livre ensemble, un chapitre chaque membre de l'Académie FA.
J'ai comencé avec le premier chapitre et j'ai enregistré cet audio:
LE PETIT PRINCE,
Antoine de Saint-Éxupéry,
Premier chapitre.
(Musique: Bolero, Ravel).
(En cliquant dans le suivant lien vous pouvez télecharger l'audio).
https://lookaside.fbsbx.com/file/---%20Audio1.3gp?token=AWxhs1l04TA5uZRFOoPmv9QOSey6R3m22bP89E8fnNN5nOo4B03opWlK0usPnddNQMaXv6LS38H8rC-hJb61HyX1AfBl1IOWDSEpJwEmmCP0ZA
samedi 5 mars 2016
jeudi 25 février 2016
VICTOR HUGO ET L'AMOUR
Un demi-siècle d’amour mutuel entre Victor Hugo et Juliette Drouet, actrice française, qui ont eu «leur première nuit bénie» le 16-17 février 1833, date à partir de laquelle ils ont célébré chaque année l’anniversaire.
Voici quelques phrases d’amour :
Juliette (1833): Viens me chercher ce soir chez Mme K. Je t'aimerai jusque-là pour prendre patiente — et ce soir — oh! — ce soir je me donnerai à toi tout entière.
Victor (1838): Hier, ma Juliette, notre bonheur a eu cinq ans. Cinq ans! Les cinq plus belles années de notre vie. Comme ces cinq années ont passé vite, et comme elles ont été remplies de joies, d'émotions, d'épreuves, de caresses, d'amour! Cinq minutes pour la rapidité, cinq siècles pour la plénitude!
Juliette (1842): Quelle belle journée, mon amour, et probablement aussi quelle belle nuit si, comme je le désire et l'espère, tu la passes auprès de moi. Je t'aime, mon Victor adoré, je t'aime de tout mon coeur et de toute mon âme. Viens vite […].
Victor (1845): Ne laissons pas passer une année sans la marquer du doux souvenir de notre amour... Nous y avons été heureux neuf ans!
Juliette (1872): Quelle belle journée, aujourd'hui, mon bien-aimé! On dirait que février s'est souvenu que c'est le mois de ta naissance et le mois de notre amour, en inaugurant le premier jour avec un soleil de printemps […].
Juliette (1859): Bonjour, mon cher bien-aimé, bonjour, avec le premier petit rayon de notre mois anniversaire, bonjour, avec tous les doux souvenirs de notre passé lumineux, bonjour, avec toutes les calmes et radieuses espérances de l'avenir, bonjour. Je t'aime avec le même amour que le premier jour […].
Victor (1868): Cette date est double, et je veux la marquer deux fois d'un signe de lumière. Un doux trait d'union rattache le mercredi au mardi, et j'envoie mon plus profond souvenir et ma tendresse la plus émue au radieux matin du 17.
Victor (1883) : Cinquante ans d'amour, c'est le plus beau mariage.
Voici quelques phrases d’amour :
Juliette (1833): Viens me chercher ce soir chez Mme K. Je t'aimerai jusque-là pour prendre patiente — et ce soir — oh! — ce soir je me donnerai à toi tout entière.
Victor (1838): Hier, ma Juliette, notre bonheur a eu cinq ans. Cinq ans! Les cinq plus belles années de notre vie. Comme ces cinq années ont passé vite, et comme elles ont été remplies de joies, d'émotions, d'épreuves, de caresses, d'amour! Cinq minutes pour la rapidité, cinq siècles pour la plénitude!
Juliette (1842): Quelle belle journée, mon amour, et probablement aussi quelle belle nuit si, comme je le désire et l'espère, tu la passes auprès de moi. Je t'aime, mon Victor adoré, je t'aime de tout mon coeur et de toute mon âme. Viens vite […].
Victor (1845): Ne laissons pas passer une année sans la marquer du doux souvenir de notre amour... Nous y avons été heureux neuf ans!
Juliette (1872): Quelle belle journée, aujourd'hui, mon bien-aimé! On dirait que février s'est souvenu que c'est le mois de ta naissance et le mois de notre amour, en inaugurant le premier jour avec un soleil de printemps […].
Juliette (1859): Bonjour, mon cher bien-aimé, bonjour, avec le premier petit rayon de notre mois anniversaire, bonjour, avec tous les doux souvenirs de notre passé lumineux, bonjour, avec toutes les calmes et radieuses espérances de l'avenir, bonjour. Je t'aime avec le même amour que le premier jour […].
Victor (1868): Cette date est double, et je veux la marquer deux fois d'un signe de lumière. Un doux trait d'union rattache le mercredi au mardi, et j'envoie mon plus profond souvenir et ma tendresse la plus émue au radieux matin du 17.
Victor (1883) : Cinquante ans d'amour, c'est le plus beau mariage.
vendredi 12 février 2016
LA SAINT-VALENTIN
(UNE
CHANSON D’AMOUR ÉTERNEL)
Moi, je me suis répété notre histoire éternelle
d’amour tant de fois !
Elle est
devenue un vrai roman romantique
au
début de nos vies, une fois que nous avons décidé
d'aller
vivre ensemble.
Notre
amour jeune était un amour guerrier,
un
amour qui était lui-même assoiffé d’amour,
un
amour fougueux.
Je
crois qu’aux vingt ans nous nous sommes
trouvés
avec une dévotion mutuelle de nos corps
et en
nous aimant si fort nous avons commencé à écrire
une
histoire parallèle.
Je te
faisais alors des cadeaux occasionnels,
une
fleur, un bouquet de roses, un voyage à des coins solitaires
pour vivre
notre amour en profondeur.
Au
fil des années,
tu
m’as fait aussi de grands cadeaux :
Tu
m’as donné notre première fille : Victoria.
Victoire
est aussi le prénom qu’on peut donner
à
notre amour.
Après
cinquante ans d’amour il reste à nous dire
sincèrement
que notre amour est devenu
un
amour plus fort, fort calme aussi,
beaucoup
plus profond
et je
t’assure qu’à jamais.
(Antonio
Senciales, 2015)
mercredi 10 février 2016
CAMINANTE NO HAY CAMINO... (francés)
Manuel Machado (Sevilla, España, 1874-1947)
Toi qui marches, ce sont tes traces
qui font le chemin, rien d'autre ;toi qui marches, il n'existe pas de chemin,
le chemin se fait en marchant.
En marchant on fait le cheminet lorsqu'on se retourne
on voit le sentier que jamais
on n'empruntera à nouveau.Toi qui marches, il n'existe pas de chemin
si ce n'est le sillage dans la mer...
---
Caminante, son tus huellas
El camino y nada más;Caminante, no hay camino,
Se hace camino al andar.
Al andar se hace camino,
Y al volver la vista atrás
Se ve la senda que nunca
Se ha de volver a pisar.
Caminante, no hay camino
Sino estelas en la mar. lundi 8 février 2016
LE PETIT PRINCE
(Antoine de Saint-Éxupery)
Le Module 3 de la l'Académie FA c'est LE PETIT PRINCE.
J'ai envoyé un post à l'Académie en parlant de Gérard Philip, acteur de cinéma et théâtre français, dont je me souviens parfois. Il avait la voix la plus merveilleuse du monde à mon avis.
Voici un lien où vous pouvez écouter sa voix. Il nous raconte LE PETIT PRINCE:
https://www.youtube.com/watch?v=16KDvWdiiug
Le Module 3 de la l'Académie FA c'est LE PETIT PRINCE.
J'ai envoyé un post à l'Académie en parlant de Gérard Philip, acteur de cinéma et théâtre français, dont je me souviens parfois. Il avait la voix la plus merveilleuse du monde à mon avis.
Voici un lien où vous pouvez écouter sa voix. Il nous raconte LE PETIT PRINCE:
https://www.youtube.com/watch?v=16KDvWdiiug
samedi 6 février 2016
UN CORPS NOUVEAU
Qu’est-ce qu’en
pensez vous ?
À mon avis, il y a des pratiques qui peuvent nous aider à placer notre corps au même niveau que notre esprit. C’est de faire notre mieux pour rencontrer une harmonie entre les deux.
Voici un beau conseil que j’ai suivi toute ma vie et j’en suis heureux.
Il y a vraiment des gens qui ont fait de son
corps un autel et toutes les choses qui
les entourent sont dirigées à remarquer un corps athlétique et superbe.
J’ai trouvé des
exemples tout près de moi quand je travaillais dans la banque. Il y avait un
jeune homme qui dédiait de nombreuses heures à la gym. Il avait le corps d’un
dieu grec, un corps majestueux, mais il n’avait pas inventé l’eau chaude, il
n’était pas du tout une lumière.
Je crois qu’on
doit certainement cultiver le corps le plus possible mais avec des limitations
et ne pas faire de notre corps notre
propre idole, notre alter ego.
À mon avis, il y a des pratiques qui peuvent nous aider à placer notre corps au même niveau que notre esprit. C’est de faire notre mieux pour rencontrer une harmonie entre les deux.
Et comment
est-ce que nous pourrions développer notre esprit ? J’ai lu il y a
longtemps ce qu’a dit Umberto Eco —Le nom
de la rose—, philosophe et savant italien à ce propos : Le bonheur
s’atteint à travers le savoir et celui-ci par la lecture.
Voici un beau conseil que j’ai suivi toute ma vie et j’en suis heureux.
Je ne suis pas
d’accord avec une dévotion exagérée du corps. D’autre part, je crois que ça
c’est quelque chose qui est à la mode de
nos jours.
vendredi 5 février 2016
BLAGUES
Un
fou tourne autour d’une bouche d’égout, en répétant :
—33...33...33...Un passant lui demande :
—Pourquoi faites-vous cela ?
Le fou pousse l’homme dans la bouche d’égout, et dit :
—34...34...34...
Un
père et son fils sont sur la plage.
—Oh
papa, regarde le beau bateau—Mon garçon, ce n’est pas un bateau mais c’est un yacht
—Ah oui, et comment ça s’écrit ?
—Heu..., attends..., non c’est toi qui a raison, c’est un bateau !
Un
homme qui veut vérifier ses clignotants demande à sa femme :
—Chérie,
est-ce que les clignotants marchent à l’arrière ?Il met les clignotants et entend sa femme répondre :
—Oui ! Non ! Oui ! Non ! Oui ! Non !...
jeudi 4 février 2016
LA CASADA INFIEL (en francés)
LA FEMME ADULTÈRE
(LA CASADA INFIEL, Federico García Lorca)
Traduction: Jean Prévost
Je
la pris près de la rivière
Car
je la croyais sans mari
Tandis qu’elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s’éteignirent les lumières
Et s’allumèrent les cri-cri
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis
Sa poitrine pour moi s’ouvrit
Comme des branches de jacinthes
Et dans mes oreilles l’empois
De ses jupes amidonnées
Crissait comme soie arrachée
Par dix couteaux à la fois
Les cimes d’arbres sans lumière
Grandissaient au bord du chemin
Et tout un horizon de chiens
Aboyait loin de la rivière.
Sous elle son chignon s’enfonce
Et fait un trou dans le limon
Quand ma cravate fût ôtée
Elle retira son jupon
Puis quand j’ôtai mon ceinturon
Quatre corsages affilés
Ni le nard ni les escargots
N’eurent jamais la peau si fine
Ni sous la lune les cristaux
N’ont de lueur plus cristalline
Ses cuisses s’enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
L’une moitié toute embrasée
L’autre moitié pleine de froid
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée
Sur une pouliche nacrée
Sans bride et sans étriers
Le clair entendement m’inspire
De me montrer fort circonspect
Sale de baisers et de sable
Du bord de l’eau je la sortis
Les iris balançaient leur sabre
Contre les brises de la nuit
Pour agir en pleine droiture
Comme fait un loyal gitan
Je lui fis don en la quittant
D’un beau grand panier à couture
Mais sans vouloir en être épris
Parce qu’elle était adultère
Et se prétendait sans mari
Quand nous allions vers la rivière.
---
LA CASADA INFIEL
(Federico García Lorca)
Pero tenía marido.
Fue la noche de Santiago
Y casi por compromiso.
Se pagaron los faroles
Y se encendieron los grillos.
En las últimas esquinas
Toqué sus pechos dormidos,
Y se me abrieron de pronto
Como ramos de jacintos.
El almidón de su enagua me
Sonaba en el oído,
Como juna pieza de seda
Rasgada por diez cuchillos
Sin luz de plata en sus copas
Los árboles han crecido,
Y un horizonte de perros
Ladra muy lejos del río.
Bajo su mata de pelo
Hice un hoyo sobre el limo.
Yo me quité la corbata.
Ella se quitó el vestido.
Yo el cinturón con revólver.
Ella sus cuatro corpiños.
Ni nardos ni caracolas
Tienen el cutis tan fino,
Ni los cristales con luna
Relumbran con ese brillo.
Sus muslos se me escapaban
Como peces sorprendidos,
La mitad llenos de lumbre,
La mitad llenos de frío.
Aquella noche corrí
El mejor de los caminos,
Montado en potra de nácar
Sin bridas y sin estribos.
No quiero decir, por hombre,
Las cosas que ella me dijo.
La luz del entendimiento
Me hace ser muy comedido
Sucia de besos y arena,
Yo me llevé del río.
Con el aire se batían las
Espadas de los lirios.
Le regalé un costurero
Grande de raso pajizo,
Y no quise enamorarme
Porque teniendo marido
Me dijo que era mozuela
Cuando la llevaba al río.
(LA CASADA INFIEL, Federico García Lorca)
Traduction: Jean Prévost
Tandis qu’elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s’éteignirent les lumières
Et s’allumèrent les cri-cri
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis
Sa poitrine pour moi s’ouvrit
Comme des branches de jacinthes
Et dans mes oreilles l’empois
De ses jupes amidonnées
Crissait comme soie arrachée
Par dix couteaux à la fois
Les cimes d’arbres sans lumière
Grandissaient au bord du chemin
Et tout un horizon de chiens
Aboyait loin de la rivière.
Quand
nous avons franchi les ronces
Les
épines et les ajoncsSous elle son chignon s’enfonce
Et fait un trou dans le limon
Quand ma cravate fût ôtée
Elle retira son jupon
Puis quand j’ôtai mon ceinturon
Quatre corsages affilés
Ni le nard ni les escargots
N’eurent jamais la peau si fine
Ni sous la lune les cristaux
N’ont de lueur plus cristalline
Ses cuisses s’enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
L’une moitié toute embrasée
L’autre moitié pleine de froid
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée
Sur une pouliche nacrée
Sans bride et sans étriers
Je
suis homme et ne peux redire
Les
choses qu’elle me disaitLe clair entendement m’inspire
De me montrer fort circonspect
Sale de baisers et de sable
Du bord de l’eau je la sortis
Les iris balançaient leur sabre
Contre les brises de la nuit
Pour agir en pleine droiture
Comme fait un loyal gitan
Je lui fis don en la quittant
D’un beau grand panier à couture
Mais sans vouloir en être épris
Parce qu’elle était adultère
Et se prétendait sans mari
Quand nous allions vers la rivière.
Y yo me la llevé al río
Creyendo que era mozuela, Pero tenía marido.
Fue la noche de Santiago
Y casi por compromiso.
Se pagaron los faroles
Y se encendieron los grillos.
En las últimas esquinas
Toqué sus pechos dormidos,
Y se me abrieron de pronto
Como ramos de jacintos.
El almidón de su enagua me
Sonaba en el oído,
Como juna pieza de seda
Rasgada por diez cuchillos
Sin luz de plata en sus copas
Los árboles han crecido,
Y un horizonte de perros
Ladra muy lejos del río.
Pasadas las zarzamoras,
los juncos y los espinos,Bajo su mata de pelo
Hice un hoyo sobre el limo.
Yo me quité la corbata.
Ella se quitó el vestido.
Yo el cinturón con revólver.
Ella sus cuatro corpiños.
Ni nardos ni caracolas
Tienen el cutis tan fino,
Ni los cristales con luna
Relumbran con ese brillo.
Sus muslos se me escapaban
Como peces sorprendidos,
La mitad llenos de lumbre,
La mitad llenos de frío.
Aquella noche corrí
El mejor de los caminos,
Montado en potra de nácar
Sin bridas y sin estribos.
No quiero decir, por hombre,
Las cosas que ella me dijo.
La luz del entendimiento
Me hace ser muy comedido
Sucia de besos y arena,
Yo me llevé del río.
Con el aire se batían las
Espadas de los lirios.
Me porté como quien soy.
Como un gitano legítimo.Le regalé un costurero
Grande de raso pajizo,
Y no quise enamorarme
Porque teniendo marido
Me dijo que era mozuela
Cuando la llevaba al río.
mercredi 3 février 2016
MON JARDIN AFRICAIN
Pendant les années de mon enfance au nord de l’Afrique,
mon père, qui était militaire, avait une grande maison en bois à la campagne, á
côté de laquelle il y avait beaucoup d’espace libre que nous pouvions utiliser
comme cour de ferme et jardin familial.
Je me souviens que nous gardions pour notre subsistance
quotidienne des animaux : des
poules – lesquelles nous donnaient des œufs tous les jours -, des canards, des
dindons, des lapins – qui aimaient beaucoup
manger les feuilles des
carottes-, des cochons et une
chèvre.
Tout à côte de la cour nous cultivions un grand jardin
familial où nous semions beaucoup de végétaux: des pois, des haricots, des
carottes, des concombres, des oignons, des tomates, des piments, des aubergines,
des laitues, des choux, des melons, des pastèques, de la menthe, du persil et
des pommes de terre, beaucoup de pommes de terre, une quantité si importante de pommes de terre, que, moi, je croyais à mon âge, que c’était toutes les
pommes de terre du monde. C‘était inhabituel d’obtenir une aussi abondante production
dans ce climat africain sévère.
J’aimais avoir dans mes mains le feuillage de tous ces produits de la terre et jouer avec mes
frères à les reconnaître par leur forme. C’était notre façon de nous familiariser avec les plantes. Je me souviens
encore de leurs différentes formes. En outre, les mots labourer, semer,
arroser, extraire, récolter, etc., sont devenus très familiers pour nous.
Je me rappelle aussi que
nous avions un figuier sauvage que nous
donnait des figues non comestibles avec lesquelles mes frères et moi jouions comme s’ils avaient été des projectiles. Nous avions aussi un
eucalyptus de 20 mètres du haut duquel nous pouvions voir les matchs de football de l’équipe de la ville.
Il me revient à la mémoire un
jour d’été où les pommes de terre étaient
prêtes à être récoltées et où notre père nous a dit d’attendre au
lendemain matin pour le ramassage parce qu’il
était trop tard pour entreprendre ce travail. Nous suivîmes son conseil, mais à
notre grande surprise, les pommes de terre — le beau résultat de nos efforts —
furent volées pendant cette nuit là.
À l’époque on nous a dit que les voleurs étaient probablement des gens que l’on
avait vus la veille se promener à proximité de
notre jardin borné.
Je suis sûr que nous avons eu une
jolie enfance et après cette aventure agricole je n’ai jamais vécu, jamais,
avec autant de contact avec la nature. Ça a été une expérience inoubliable.
mardi 2 février 2016
À UNE DAME CRÉOLE
Au pays parfumé
que le soleil caresse,
J'ai connu,
sous un dais d'arbres tout empourprés
Et de palmiers
d'où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole
aux charmes ignorés.
Son teint est
pâle et chaud ; la brune enchanteresse
A dans le cou
des airs noblement maniérés ;
Grande et
svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est
tranquille et ses yeux assurés.
Si vous alliez,
Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords
de la Seine ou de la verte Loire,
Belle digne
d'orner les antiques manoirs,
Vous feriez, à
l'abri des ombreuses retraites,
Germer mille
sonnets dans le cœur des poètes,
Que vos grands
yeux rendraient plus soumis que vos noirs.
Les fleurs du mal
Charles Baudelaire (Paris, 1821-1867)
dimanche 31 janvier 2016
FILMS EN NOIR ET BLANC

Je me souviens parfois de la belle actrice
italienne Pier Angeli quand quelqu’un parle de cinéma en noir et blanc ou je
vais voir cette sorte de films.
Il y a eu quelque temps où je
croyais être amoureux d’elle et je portais toujours ce temps-là avec moi une
photo de Pier. Quel visage d’ange avait-elle !
Je me souviens que j’étais quand même un peu
jaloux par la brève affaire qu’elle eût avec l’acteur américain James Dean.
Quand je suis devenu adulte et j’ai connu qu’elle
s’était suicidée, moi, j’ai connu alors le chagrin profond d’avoir perdu une amie
de mon adolescence.
SHORT STORY
Modern ways of communication
(abridged from a short story read in a Spanish
newspaper)
He was recently divorced.
It was Christmas
time.
His sons and
daughters were studying abroad.
When he arrived
late at home after work, he was bored once in a while.
He felt so
lonely…
A friend told
him to try things on the Internet.
He started to
learn how to manage the new technology.
He learnt to search
attractive web pages through his personal computer.
One day he
joined a chat room.
After three
months chatting with a woman in the chat he decided to make a date with her.
That woman met
his requirements. They both had the same feelings, the same hobbies and many
other things in common.
He thought he
had found his soul mate.
The woman should
wear a green scarf to the coffee shop.
He went there that
day in time and was waiting for her reading a newspaper.
At a moment someone
stood in front of him.
He lifted up his
eyes and who was there?
The woman in the
green scarf.
His
ex-wife.
Good heavens!
UN RÊVE - La Maga et moi
Hommage à Julio Cortázar, écrivain
argentin, auteur du roman RAYUELA (en français sous le titre Marelle):
---
La nuit dernière j’ai rêvé de La Maga et
je l’ai vue se promener toute seule dans les rues de Paris. Quand nous nous sommes croisés, elle m’a fait
un signe de la main et je me suis approché d’elle. Elle semblait être très triste et commença à me
poser des questions :
- Oui, je te connais bien.
- Depuis quand? – ajouta-t-elle.
- Il y a longtemps. Il y a déjà plus de
cinquante ans.
- Moi, si, je m’en souviens.
- As-tu vu Julio récemment ? –
demandait-elle.
- Je
sais qu’il quitta la ville il y a longtemps.
- Oui – dit-elle finalement -, il est
maintenant au paradis, j’en suis sûre. Moi, je lui manque.
---
Julio Cortázar, écrivain, argentin, nationalité française, prix Médicis étranger, a écrit parmi d’autres
nouvelles et romans : Rayuela (1963). Un des personnages du roman est La Maga, la femme que tout le
monde voulait être.
samedi 30 janvier 2016
BIOGRAPHIE DE LA FAIM (Critique)
Roman autobiographique
Auteur : Amélie Nothomb (belge)
---
Je viens de lire le roman.
Le titre du récit m’a surpris. Il n’a rien à voir avec son sujet. Dans le roman, quand on parle de faim, on veut dire faim d’amour, de mère, de connaissances, de nouvelles expériences, d’activités folles et tant d’autres choses.
Elle a connu l’alcoolisme infantile ; l’anorexie –à quinze ans, pour un mètre soixante-dix, elle pesait trente-deux kilos- ; la boulimie, la potomanie – folie pour l’eau - ; asthme —fidèle compagnon de toute sa vie—, des tentatives de suicide… Elle a été esclave absolue du sucre, du vin, du champagne, des sucreries, d’absence de mère,…
Il y a à Vanuatu abondance et isolement -des vertus-, mais l’archipel est
peu visité. Revenir de là ne provoque
aucune réaction. Il y a de tout : des palmiers, des cocotiers, des plages
de sable fin, des fleurs, vie tranquille. Ils mangent souvent du gname, un
tubercule.
Il y a de la nourriture partout. Ils n’ont pas la produire. On étend les
mains et dans l’une vous avez une noix de coco et dans l’autre des bananas.
Dans la mer : des coquillages, des oursins, des crabes, des poissons à la
chair raffinée. Dans la forêt : trop d’oiseaux, des nids d’œufs, du lait
des femelles phacochères (femelles de sangliers) …
---
Auteur : Amélie Nothomb (belge)
Je viens de lire le roman.
Le titre du récit m’a surpris. Il n’a rien à voir avec son sujet. Dans le roman, quand on parle de faim, on veut dire faim d’amour, de mère, de connaissances, de nouvelles expériences, d’activités folles et tant d’autres choses.
On doit dire d’avance que la narratrice est le personnage du livre aussi.
Elle nous raconte sa vie d’enfance, d’adolescence, de jeunesse. Elle a suivi
ses parents là où ils sont allés – son père était ambassadeur de la Belgique -, au
Japon, en Chine, au Bangladesh -qu’elle décrit
comme une rue pleine de gens en train de mourir-, en Birmanie, à New York et puis, toute seule, elle est
allée en Belgique pour finir ses études, son pays d’origine qu’elle ne connaissait
pas du tout.
Elle a connu l’alcoolisme infantile ; l’anorexie –à quinze ans, pour un mètre soixante-dix, elle pesait trente-deux kilos- ; la boulimie, la potomanie – folie pour l’eau - ; asthme —fidèle compagnon de toute sa vie—, des tentatives de suicide… Elle a été esclave absolue du sucre, du vin, du champagne, des sucreries, d’absence de mère,…
L’auteur commence à nous raconter des choses sur la faim dans le monde et puis de sa faim individuelle. C’est
l’histoire d’une mélancolie.
On nous dit que Vanuatu, anciennement Nouvelles-Hébrides, c’est un archipel
océanien qui n’a jamais connu la faim.
Vous ne savez pas ce que c’est ça ! – finissent les trois hommes qui
racontent l’histoire de Vanuatu à l’auteur. Personne ne travaille parce qu’on a
partout de la nourriture.
L’absence de faim est un drame. Alors il n’y a pas d’appétit à Vanuatu.
C’est la nature qui s’occupe de tout.
La vie était une flânerie et ils manquent même d’une quête.
***
Le contraire de Vanuatu est la
Chine, la championne du ventre vide. Les chinois ont dû apprendre à manger l’immangeable.
Un chinois posse à un autre toujours la même question : As-tu
mangé ? Ils ont tout inventé, tout
pensé, tout compris, mais ils ont triché : ils avaient faim.
Vanuatu me fascine parce que j’ai le contraire : j’ai faim. J’ai lu – dit-elle
- sous la plume de Catulle : cesse de vouloir. La faim c’est vouloir. J’ai
faim de connaissances, de connaître mon corps et mon esprit, des gens, et
cetera.
Avoir du chocolat – nous dit-elle - c’était croire
en Dieu et se sentir en sa présence.
Amélie nous raconte aussi : Quand j’ai été scolarisée je suis allée à
une école japonaise (classe des pissenlits). J’étais la
seule-non nippone à l’école. Nous y chantions souvent. On doit savoir qu’elle
est née à Kobe (Japon).
Un jour, au quinze ans , je sentis que la vie me quittait. Je devins un
froid absolu. Ma tête accepta. Mon corps se révolta contre ma tête. Il refusa
la mort. Mon corps se leva, alla dans la cuisine et mangea. Ce fût la victoire
de l’organique contre le physique.
L’écriture y contribua aussi.
Critique littéraire :
Récit originel, difficile à imiter, par des épisodes brefs, à la portée des
étudiants étrangers avancés de français, qui invite à lire d’autres œuvres de
l’auteur, contenant des métaphores et des expériences alimentaires qui exposent
des réflexions existentielles.
L’auteur, qui est parfois politiquement incorrect, raconte des situations
réelles avec d’ingéniosité, de provocation et d’humeur.
En lisant le récit je me suis souvenu de l’école littéraire américaine qui
écrivait sur la base de brefs chapitres comme s’il s’agissait de séquences de
cinéma (Ernest Hemingway, John dos Passos, Sam Shepard, etc.).
J’ai trouvé le thème un peu faible. Moi, je reporte mon avis définitif sur
l’auteur jusqu’à la lecture d’un autre
roman malgré ma lecture antérieure de Stupeurs
et tremblements, autobiographique,
comme celui-ci.
Est-ce que c’est vrai tout ce qu’on raconte dans le récit où pas ? Ça
seulement l’auteur le sait.
Antonio Senciales, 2015
vendredi 29 janvier 2016
LE PARC SOUCIER
J’ai vu une photo qui nous montre un parc en Tanzanie plein de baobabs.
C’est un parc naturel avec une
grande étendue qui est visité fréquemment
par beaucoup de gens de tous les pays.
C’est un endroit très beau. Un
camarade en cours m’a dit que les tiges
de ces arbres sont si gros parce qu’ils
y emmagasinent de l’eau en prévoyant son absence pendant les saisons les
plus sèches.
Prés de là, dans la frontière
avec Kenya, on peut trouver des acacias,
et d’autre sorte de flore. C’est habituel de rencontrer aussi une faune diverse (des gnous, des gazelles,
des lions, des léopards, etc.). Ces
traits sont particulièrement attirants pour ceux qui aiment les safaris.
Il y a d’hébergement dûment
accueillant, avec des établissements hôteliers et des plages pas très
lointaines avec des sables blancs.
On peut faire de la randonnée et de
l’alpinisme parce que le Kilimandjaro,
la montagne la plus haute de l’Afrique, avec des neiges perpétuelles, nous
attend dans ce pays. Kilimandjaro en langue masaï signifie ‘Maison de Dieu’. Hemingway l’a visitée il y a longtemps et il est
devenu si frappé qu’il a écrit un beau
roman, une magnifique collection de récits,
qui s’appelle «Les Neiges du Kilimandjaro».
LA MONTAÑA MÁGICA (Thomas Mann) et le français
La
más bella declaración de amor que he oído nunca (La plus belle déclaration d’amour que je n’ai jamais entendue) :
[EXTRACTO
DE UN FRAGMENTO DE LA MONTAÑA MÁGICA, DE THOMAS MANN, CAPÍTULO
‘NOCHE DE WALPURGIS’, PARTE DE UN DIÁLOGO ENTRE HANS CASTORP Y CLAWDIA (En la
edición en mi poder, Plaza & Janes Editores, S.A., 1986, así como en el original
del autor alemán, la transcripción de toda la conversación —varias páginas—
está en francés, y así la reproduzco)]:
...
—Je t’aime —balbuceó—, je t’ai aimé de tout temps, car tu es le Toi de ma vie, mon rêve, mon sort, mon envié, mon éternel désir…
—Allons, allons! —dijo ella—. Si tes precepteurs te voyaient…
—Je t’aime —balbuceó—, je t’ai aimé de tout temps, car tu es le Toi de ma vie, mon rêve, mon sort, mon envié, mon éternel désir…
—Allons, allons! —dijo ella—. Si tes precepteurs te voyaient…
Pero él sacudió la cabeza con desesperación, inclinado el rostro hacia el suelo, y contestó:
—Je m’en ficherais, je me fiche de tous ces Carducci et de la République
éloquente et du progrès humain dans le temps, car je t’aime!
Ella le acarició dulcemente con la mano los cabellos cortados al rape en la nuca:
—Petit bourgeois —dijo—. Joli bourgeois à la petite tache humide. Est-ce vrai que tu m’aimes tant?
Y exaltado por este contacto ya
sobre las dos rodillas, la cabeza echada hacia atrás y los ojos cerrados, él
continuó hablando:
—Oh, l’amour, tu sais… Le corps,
l’amour, la mort, ces trois ne font qu’un. Car le corps, c’est la maladie et la
volupté et c’est lui qui fait la mort; oui, ils sont charnels, tous deux,
l’amour et la mort, et voilà leur terreur et leur grande magie! Mais la mort,
tu comprends, c’est d’une chose mal famée, impudente, qui fait rougir de honte;
et d’autre part c’est une puissance très solennelle et très majestueuse
(beaucoup plus haute que la vie riante gagnant de la monnaie et farcissant sa
pensée; beaucoup plus vénérable que le progrès qui lavarde par le temps), parce
qu’elle est l’histoire et la noblesse et la pitié et l’eternel et le sacré qui
nous fait tirer le chapeau et marcher sur la pointe des pieds… Or, de même le
corps, lui aussi, et l’amour du corps, sont une affaire indécente et fâcheuse
et le corps rougit et pâlit à sa surface par frayeur et honte de lui-même. Mais
aussi il est une grande gloire adorable, image miraculeuse de la vie organique,
sainte merveille de la forme et de la beauté, et l’amour pour lui, pour le
corps humain, c’est de même un intérêt extrêmement humanitaire et une puissance
plus éducative que toute la pédagogie du monde…! Oh, enchantante beauté
organique qui ne se compose ni de teinture à l’huile ni de pierre, mais de
matière vivante et corruptible, pleine du secret fébrile de la vie et de la
pourriture! Regarde la symétrie merveilleuse de l’edifice humain, les épaules
et les hanches et les mamelons fleurissants de part et d’autre sur la poitrine
, et les côtes arrangées par paires, et le nombril au milieu dans la mollesse
du ventre et le sexe obscur entre les cuisses! Regarde les omoplates se remuer
sous la peau soyeuse du dos, et l’échine qui descend vers la luxuriance double
et fraîche des fesses et les grandes branches des vases et de nerfs qui passent
du tronc aux remeaux par les aiselles, et comme la structure des bras
correspond à celle des jambes. Oh, les douces régions de la jointure intérieure
au coude et du jarret avec leur abondance de délicatesses organiques sous leurs
coussins de chair! Quelle fête inmense de les caresser ces endroits délicieux
du corps humain! Fête à mourir sans plainte après! Oui, mon Dieu, laisse-moi
sentir l’odeur de la peau de ta rotule, sous laquelle l’ingénieuse capsule
articulaire sécrete son huile glissante! Laisse-moi toucher dévotement de ma
bouche l’Arteria femoralis qui bat au front de la cuisse et qui se divise plus
bas en les deux artères au tibia! Laisse-moi ressentir l’exhalation de tes
pores et tâter ton duvet, image humaine d’eau et d’albumine, destinée pour
l’anatomie du tombeau, et laisse-moi périr, mes lèvres aux tiennes!
No abrió los ojos después de
haber hablado. Permaneció sin moverse, la cabeza inclinada, las manos, que
sostenían el pequeño lapicero de plata, separadas, temblando y vacilando sobre
sus rodillas. Ella dijo:
—Tu es, en effet, un galand qui sais
solliciter d’une manière profonde, à l’allemande.
Y le puso el gorro de papel.
—Adieu, mon prince Carnaval! Vous aurez
une mauvaise ligne de fièvre ce soir, je vous le prédis.
Al decir esto se levantó de la silla, se dirigió a la puerta, dudó un momento
en el umbral, dio media vuelta, elevando uno de sus desnudos brazos con la mano
en el pestillo y, por encima del hombro, dijo en voz baja:
—N’oubliez pas de me rendre mon crayon.
Y salió.
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